27-03-08 : Vernissage “Zero Hero” - Abdelkrim Tajiouti @ Gallerie Nadar - Casablanca
Abdelkrim est un artiste profondément ancré dans son temps.
Une méthode pour plier un drapeau ? Des armes en savon ? D’inquiétants Mickeys en cire ? Autant d’installations minimales qui traitent par la dérision et l’ironie, du surarmement, de l’autodestruction et de la consommation à outrance dans le monde contemporain.
Comme dans Zero Hero où des gencives rouge sangs dévoilent le sourire macabre des victimes de la guerre. Que peut-on ajouter si ce n’est des miroirs qui reflètent les « dommages collatéraux » en démultipliant les innocentes victimes civiles ?
Dans le travail d’Abdelkrim Tajiouti, il est souvent question d’introduire le spirituel dans l’art met en avant son héritage pluriculturel tout en grattant la plaie des traumas post-coloniaux.
Le positionnement de l’artiste dans une société occidentale happée par un monde en constante mutation est également au centre des préoccupations de Tajiouti.
Préoccupations relayées par des thèmes qui lui sont chers ; la terre d’accueil, la frontière, la perte d’identité. On les retrouve dans le projet MRE, où il s’agit d’imager le mythe du retour- ancrée dans la mémoire collective des immigrés par une « voiture maison » surchargée, telle une île en mouvement.
Son travail graphique s’inscrivant dans la même logique, les œuvres sur papier, à dominante noire, blanche et sanguine, stigmatisent encore un peu plus, la folie de l’Homme moderne (en exacerbant par exemple l’irresponsabilité des dirigeants mondiaux où bien la paranoïa généralisée).
Ses petits dessins, arrachés à des carnets, souillés, scotchés, recollés, ajoutent une forte teneur émotionnelle à un univers déjà noir et caustique.
Abdelkrim Tajiouti est un artiste en mouvance qui cherche l’Universel et maltraite le Global. De ce fait, il constate l’impossibilité de se crisper dans une identité nationale et joue son rôle de témoin nomade dans un monde mutant. Un seul mot d’ordre chez lui ; ne prendre aucune pincette avec la réalité.
Abdelkrim Tajiouti a 35 ans. Autodidacte, il a appris l’art avec la vie. Après des dizaines d’expositions, du 28 mars au 19 avril à Casablanca, il présente ses œuvres pour la première fois au Maroc. Un évènement pour ce plasticien d’origine marocaine.
Toiles, dessins, installations, vidéos, c’est une véritable exposition contemporaine qui vous sera proposée à Galerie Nadar.



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